La Forêt fromagère

La Forêt fromagère

Planter 2000 arbres à la Bergerie de la Corbinière de Saint Ouen les Vignes pour créer un ecosystème fertile, nourricier et résilient.

Épisode 1
Vous ne connaissez pas Agnès et Aurélien, de la Corbinière ?!


La bergerie de la Corbinière (sur le haut de Saint-Ouen-les-Vignes en filant vers la route de Château-Renault) voit le jour en 2015 avec l’installation d’Agnès. Venue de Loire Atlantique où elle s’était installée une première fois avec des brebis laitières (agriculture biologique, vente directe de fromages), Agnès est titulaire de deux BTS agricoles en « Gestion et protection de la Nature”  et  en “ Productions Animales ». C’est peu après cette installation qu’elle rencontre Aurélien, cuisinier de formation reconverti dans l’agroalimentaire et fils d’agriculteur. Malgré un début assez chaotique dû à des problèmes sanitaires dans le troupeau, le fort soutien d’Aurélien, de l’entourage et le succès immédiat des produits laitiers auprès des clients permet de remonter la pente (et le troupeau) à partir de 2017. La ferme accueille alors des chèvres, des cochons et s’agrandit de quelques parcelles tandis qu’Aurélien obtient un diplôme de technicien agricole en 2018. Après avoir été conjoint collaborateur, il devient pleinement associé au sein du GAEC* créé en 2023, alors que la reprise de 45 hectares rend la ferme autonome (surface suffisante par rapport au cheptel). 2024 sera l’année d’un agrandissement de l’équipe et, on l’espère de la plantation de beaucoup d’arbres !

*le GAEC (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun) est une des formes d’association agricole les plus courantes.

Épisode 2
Une bergerie en « agriculture paysanne » ?

Agnès et Aurélien pratiquent l’agriculture paysanne et ses principes. Ils travaillent en agriculture biologique pour produire une alimentation saine et de qualité et préserver les ressources naturelles de demain. Ils ont choisi de garder une ferme à taille humaine pour qu’elle soit transmissible dans l’idée que la production alimentaire soit répartie sur le territoire entre plusieurs fermes comme la leur. La Corbinière s’approvisionne localement et vend ses produits sur les marchés et dans des AMAP* pour participer à la dynamique de son territoire. Depuis leur installation, Agnès et Aurélien cherchent à rendre leur ferme de plus en plus autonome (réduire leur dépendance aux intrants) et à favoriser la biodiversité dans l’élevage (des cochons de race rustique, différentes races ovines et des croisements).

* Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne

 

Épisode 3
Pourquoi les sols aiment les arbres ?

En 2015, quand Agnès pose ses valises à la Corbinière, elle apprend qu’il y avait des vignes à la place des prairies. Leur arrachage et le fait que le sol soit en pente à certains endroits a engendré de l’érosion, c’est à dire une perte d’épaisseur de la couche de terre fertile à la surface du sol. Il faut réussir à relancer le cycle du sol : 1. Les plantes nourrissent le sol (elles apportent par exemple des sucres issus de la photosynthèse ou de la matière organique en se décomposant, y compris en passant par l’estomac d’une brebis). 2. Le sol nourrit les plantes (en apportant de l’eau ou des minéraux par exemple). Et rebelote. Cela s’appelle une symbiose et pour opérer, elle a besoin d’un réseau de communication : les mycorhizes, ces petits filaments blancs qui relient les racines des plantes et les champignons pour permettre les échanges. Tout ce petit monde se porte bien mieux avec des arbres : ils retiennent le sol dans les pentes avec leurs racines, protègent du vent qui participe aussi à l’érosion*, gardent l’humidité, apportent de la matière organique au sol en perdant leurs feuilles et leur bois mort, densifient le réseau mycorhizien… Au final, si le sol est vivant et fertile, l’herbe pousse mieux et les brebis se régalent avant de nous régaler.

*Vous vous souvenez le Dust Bowl dans les années 30 aux Etats Unis? Une érosion du sol due aux labour intensif combiné à des vents violents. 

Épisode 4
De l’eau pour les arbres ou des arbres pour l’eau ?

Les deux ! Les arbres boivent, bien sûr, et on leur donne parfois un petit coup de pouce au démarrage en les arrosant*. Mais très vite, s’ils se plaisent, ils se débrouillent seuls et apportent même de la fraîcheur et de l’humidité à leur entourage… D’abord, les arbres fonctionnent comme des pompes en remontant l’eau souterraine à la surface grâce à leurs racines profondes. Via l’évapotranspiration, les arbres créent de l’humidité et régulent la température au niveau de leurs feuilles mais aussi au niveau de leurs racines, ce qui bénéficie à la faune et à la flore. Leur ombre est également précieuse l’été quand le soleil brûle le sol. À l’inverse, lorsqu’il y a beaucoup d’eau, le système racinaire des arbres permet une bonne infiltration dans le sol et évite que le sol ne soit lessivé (glissement de terrain, érosion) ou inondé (ce qui nuit aux organismes qui n’y sont pas adaptés). Enfin, si les sols sont restaurés grâce aux arbres, ils peuvent pleinement jouer leur rôle de filtration de l’eau pour la rendre potable. En plantant des arbres, Agnès et Aurélien cherchent à retrouver les super-pouvoirs de la forêt qui, par exemple, attire la pluie*.

*Des sessions arrosage participatif auront lieu à la Corbinière si vous voulez aider les nouveaux venus à bien s’implanter. Restez informé·e·s !
** Allez jeter une oreille aux vidéos passionnantes de Ernst Zürcher !

Épisode 5
Quel est le lien entre l’arbre et le fromage ?

Le bien être animal ! Les brebis et les chèvres de la Corbinière vont se sentir mieux avec les arbres. Les futures haies vont leur apporter de l’ombre, bien appréciable en cas de fortes chaleurs l’été. Elles vont briser le vent contre lequel les animaux luttent et qui les fatigue autant que nous. Les arbres sont aussi de super endroits où venir se gratter, ce qui, en plus d’être agréable, contribue à la gestion des parasites, de même que l’ingestion de certaines plantes et feuilles « médicinales » présentes dans les haies. Et oui, les ovins et les caprins ne sont pas contre une diversification du menu de temps en temps. Tous ces facteurs de bien-être animal ont pour effet d’améliorer la santé des animaux, les incitent à manger et à boire davantage. Les laitières consacrent ainsi plus d’énergie à produire du bon lait, ce qui permet à Agnès et Aurélien de fabriquer de délicieux fromages !

Épisode 6
C’est écolo ça, de planter des arbres ?

 À la Corbinière, on y compte bien ! Les arbres participent à créer un « écosystème », c’est à dire un ensemble formé par une communauté d’êtres vivants (dont les animaux d’élevage et les humains) en interaction avec leur environnement. Plus il y a de biodiversité dans cet écosystème – c’est à dire d’êtres vivants différents – plus cet écosystème est fertile et résilient, (il se remet bien en cas de choc). Agnès et Aurélien ont prévu d’implanter beaucoup d’essences d’arbres différentes pour que si l’un tombe malade, l’autre résiste, voire qu’ils se protègent mutuellement contre les agresseurs. Les arbres vont également héberger la biodiversité : des oiseaux par exemple, qui se nourriront des vers évacués par les brebis et permettront de limiter le parasitisme. D’autres arbres auront une floraison mellifère (qui sert à faire du miel), pour nourrir les pollinisateurs (comme les abeilles) qui ont un rôle central dans l’agriculture. L’espèce humaine dépend de manière vitale de la biodiversité et, selon le GIEC, sa diminution constitue un risque plus imminent encore que la hausse des températures. Les arbres, tant qu’ils continueront de grandir, capteront du carbone grâce à la photosynthèse, ce qui va dans le sens d’un ralentissement du réchauffement climatique.

Épisode 7
Plus d’arbres, moins de pétrole ?

 Le lien existe, accrochez vos méninges ! De base, dans le modèle d’élevage extensif d’Agnès et Aurélien, les brebis passent le maximum de temps au grand air à brouter les prairies. Il y a deux moments où ça se complique : l’hiver, saison des mises bas où les agneaux et leur mères sont au chaud et en sécurité à la bergerie et où les pâtures boueuses sont fragiles ; et l’été où il n’y a plus assez d’herbe, ce qui oblige à rentrer les animaux et à les nourrir avec le foin stocké et récolté, au tracteur, grâce au pétrole. Puisque les arbres favorisent la pousse de l’herbe (jetez un œil aux épisodes 3&4), notamment en été, et qu’ils peuvent apporter un complément d’alimentation aux animaux (épisode 5), cela permettra de laisser les animaux pâturer plus longtemps dehors. Et si les animaux ne sont pas en bergerie et qu’ils font leurs besoin directement sur les prairies, cela diminue aussi la quantité de fumier à épandre avec le tracteur, grâce au…pétrole.

Épisode 8
À quoi vont servir les sous ?

Bonne question ! La cagnotte ne représente qu’une partie du coût total du projet qui tourne autour de 35 000 euros. Là dedans il y a (du plus coûteux au moins coûteux): les clôtures qu’il va falloir installer pour protéger les arbres dans un premier temps, la plantation par un professionnel, la paille à mettre au pied des arbres (un chantier participatif s’organise !), les plants d’arbres et d’arbustes, le suivi et l’accompagnement de Bernadette Vallée (experte en agroforesterie) et la préparation du sol. La bonne nouvelle, c’est que la Corbinière bénéficie d’une subvention de la Région et de l’Union Européenne à hauteur de 24 000 euros. Le montant de la cagnotte sert donc à rassembler les sous restants pour que le projet puisse voir le jour. Dans les 12 000 euros, la majeure partie va donc aux coûts listés ci-dessus, auxquels s’ajoutent les 8 % environ qui vont à la plateformeBluebees”, spécialisée dans le  financement participatif de projets d’agroécologie et les frais de la campagne : les contreparties, les frais de communication etc. La campagne a été conçue et menée par une équipe de bénévoles qui croit fort au projet d’Agnès et Aurélien.

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Agnès 06 77 11 09 34

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